16 juin 2008
Page d'accueil
Bienvenue sur mon blog
Soyez les bienvenus sur ce blog ou vous pourrez lire mon histoire , mes anecdotes ainsi que mes passions pour le jardinage , les ballades en montagne et bien sur la chorale .
Ce blog s'intitule " née en 1935 " car je vous propose de vous faire partager tous mes souvenirs depuis l'année de ma naissance jusqu'à nos jours . Vous pourrez voir des photos de classes (ou vous vous reconnaîtrez peut être) , ainsi que bien d'autres choses .
Je vous dis donc à bientôt sur ce blog en espérant que vous prendrez autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire .
19 juin 2008
Pourquoi un blog ?
premiers souvenirs
Je me présente : je m'appelle Michèle , je suis née comme l'indique le blog en 1935 à Bavilliers dans le Territoire de Belfort .
Si je veux écrire un blog , c'est pour que tous les souvenirs que je vais évoquer se fixent au moyen de l'ordinateur et ne soient pas seulement dans ma tête . Je voudrais que la lecture de ces chapitres soit simple et facile , claire et limpide comme l'eau de la fontaine St Ambroise qui me fascinait étant enfant .Cette jolie petite fontaine ne cessait jamais de couler , calme , reposante , et s'enfuyait sous un petit pont dans les prés de hautes herbes en rejoignant la Douce .
Mes premiers souvenirs sont peu nombreux et flous : Papa , maman et ma soeur et des escaliers qui me demandaient un gros effort en me conduisant dans un grand jardin . Souvent , une très grande dame drapée dans un immense manteau noir m'y attendait . C'était la grand-mère des propriétaires , elle me suivait pas à pas pour m'empêcher de ceuillir une fleur .
Ce jardin était merveilleux avec des fraises énormes qui me faisaient saliver .A l'arrière de la maison qui me semblait immense , il y avait un verger pleins de pommiers avec des grosses pommes rouges . Quelle tentation , mais toujours la dame qui m'appelait "petite" avec un air sévère .
Deux ou trois années s'écoulaient dans le calme et la sérénité , je ne savais pas qu'au dessus de nos têtes le ciel se chargeait de nuages et qu'un gros danger devait nous menacer .
Un certain Hitler nous préparait la guerre , alors que nous étions si bien ...
Moi en 1936 dans le fameux verger
A suivre ......
21 juin 2008
Petite enfance
Vers 1940 . 1945
Je conserve de mon enfance des souvenirs calmes et tranquilles . Je grandis auprès de parents attentifs et responsables , qui veillent sur nous nuit et jour avec sollicitude .
Tout n'est que jeux , rires et amusements de toutes sortes . Peu de jouets , peu de gourmandises et de fantaisies . Les journées sont rythmées par l'école maternelle , juste à côté de la maison . Les animaux sont les lapins des clapiers et un chat qui me suit partout , jusque dans la cour de l'école et même dans la classe . Il est accepté par la maitresse et dort au pied de ma table de classe .
Je me souviens de la crêche de l'église pour Noël , du roi mage noir qui secoue la tête lorsqu'on lui donne une pièce . Je fais du chantage : l'école , oui , mais avant passage à la crêche !!
L'été nos jeux favoris ont lieu à la fontaine Ste Ambroise où l'on s'amuse à mettre nos sabots sur l'eau . Ils nagent et traversent le petit pont où on les récupère en faisant un barrage . Que de pieds mouillés quand ce n'était pas la robe entièrement .
Mais notre lieu favori était ... le cimetière , lieu de jeux extraordinaire . Nous nous balancions sur les grosses chaines qui entouraient les vieilles tombes , nous escaladions les vieilles croix et les stèles des vieux monuments .
Nous sommes ma soeur et moi accompagnées par Pierrette , la fille des boulangers qui habitent en face de chez nous , et Jacques , le fils des propriétaires qui a peur des garçons trop turbulents .
Le cimetière
Quelquefois , nos ballades nous amènent jusqu'à la rivière La Douce avec nos poupées que nous transportons dans nos bras pour traverser de l'autre côté . Il faut vous dire que l'eau n'est pas profonde , mais contrairement à son nom , glaciale !
C'est vraiment une enfance sans histoire et joyeuse , les nouvelles nous parlant de guerre nous laissent indifférents et nous ne pensons qu'à jouer .
Pourtant les menaces se précisent , nous nous demandons comment nous amuser si la guerre arrive chez nous !
Maman beaucoup plus tard
Gilbert , moi , ma soeur et Jacques
A suivre .......
27 juin 2008
En ces temps là
Les distractions
Elles sont plutôt rares et c'est la nature qui nous les fournit . Il n'est pas question de mettre de l'argent dans ce domaine , on se débrouille comme on peut . Si l'on veut s'amuser , il faut être inventif et regarder autour de soi .
L'hiver
La neige en ce temps là est abondante et reste longtemps , le salage n'existe pas encore . La route de Buc très en pente est l'endroit idéal . Tout le quartier s'y donne rendez - vous et on se retrouve tout en haut de la côte , près de la maison Joly .
Roger , dit "yoyo" est le fils du boulanger et frère de Pierrette . Il est notre chef de file avec Marcel son copain , et nous suivons ses directives . Il nous explique qu'en reliant plusieurs luges à la file , on peut acquérir une certaine vitesse . Le conducteur ( très souvent avec quelqu'un sur le dos) doit agripper les montants arrière de la première luge et ainsi de suite .
De cette manière , nous formions un ensemble impressionnant d'une bonne quinzaine de luges . Et advienne que pourra ! C'était une idée fantastique qui avait fait des émules , nous glissons à toute allure , passons devant l'église et en tournant à gauche , avec la vitesse nous arrivons j'usqu'au pont de la Douce . Il faut dire que la circulation était très réduite en ces temps là .
Mais nous passions très près de véritables drames . Ainsi , yoyo qui était parti tout seul pour aller encore plus vite , n'avait pas pu freiner devant l'église , alors qu'un convoi de véhicules blindés allemands arrivait de Belfort . Il est passé comme un bolide entre 2 camions , stoppant ainsi tout le convoi . Il était parti se cacher dans une cour , pour ne pas repasser devant eux tellement il avait peur de la réaction . Et bien d'autres déboires , ma soeur s'était démis tous les doigts , la luge lui étant passé dessus .
Nous rentrions à la maison trempées des pieds à la tête , les gants arrachés , avec des glaçons qui pendaient après les pélerines ! En général , l'arrivée tardive à la maison était assez mouvementée .

Ma soeur et moi
A suivre ......
28 juin 2008
les loisirs
l'été
Un seul objectif , La Douce pour les plus petits et ceux qui ne savent pas nager , et le canal quelques mêtres plus haut pour les nageurs et les initiés . En ce temps là , le temps était beaucoup plus stable que maintenant , du moins il me le semble , et c'est les 2 mois de vacances que nous nous retrouvons tous au même endroit . Garçons protecteurs pour les filles un peu peureuses , les plus grands entourant le tout .
En fait , c'était comme une colonie de vacances qui prenait le chemin du stratégique , dit le straté . Personnellement , j'ai appris à nager dans la Douce l'année de ma première communion , en sautant de temps en temps sur un seul pied , dans un endroit peu profond tout près d'un petit pont qui s'appelait " le trou de Boron". Ensuite , le canal était l'endroit idéal pour tester nos connaissances , en prenant soin toutefois pour les premières traversées , de se mettre une chambre à air autour de la taille en guise de bouée .
Que de bons moments passés là avec mes copines Claude et Emilienne flanquée de son frère Jean-Michel actuellement maire d'Héricourt . A la fin des vacances , lorsque les colchiques fleurissaient dans les prés , nous savions avec nostalgie que la fin des vacances approchait et que la rentrée était proche .
Le trou de Boron
Le canal
A suivre .......
03 juillet 2008
Le pélérinage de Ronchamp
Dans l'ancienne chapelle (détruite par la guerre , en 1944)
Ce pèlerinage avait lieu tous les ans , quoiqu'il arrive , dans la première quinzaine de septembre . Nous en parlions 3 mois à l'avance , et le jour j , c'était l'affolement général . Il faut dire que voyager dans un lieu éloigné de notre village n'était pas chose facile .
La grand-mère de Pierrette et Yoyo , une brave femme née à Echenoz-la-Méline dont le nom était Anne Rigot , était chargée de veiller sur toute la marmaille ; nos parents n'ayant ni le temps ni l'argent pour faire partie du voyage . Ils déléguaient donc leur pouvoir à Anne qui était assez effrayée de ses nouvelles responsabilités .
Nous partions , quelque soit le temps , à pied jusqu'à la gare de Belfort , et là , oh émerveillement , le voyage en train nous ravissait tellement que nous n'aurions pas donner notre place pour un empire . Malgré les plaintes de cette pauvre madame Rigot , nous ouvrions la vitre du compartiment pour mieux voir , et nous ramassions bien souvent une escarbille dans l'oeil , ce qui posait déjà un réel problème .
Ensuite , montée à pied en priant et chantant jusqu'à la chapelle , et à l'arrivée messe devant le parvis . Par beau temps , tout allait bien , mais il n'en était pas de même par temps de pluie où l'on guettait le moindre endroit pour se mettre à l'abri . Comme souvenir , nous achetions une petite médaille ou un petit chapelet en forme de gland , ce qui nous procurait une grande joie .
Une année où il pleuvait des cordes , nous nous étions réfugiés sous un avant toit , et voici que ma soeur lâche son gland qui roule sous la porte de la maison . Elle sanglote et Yoyo essaie en vain de le ramener avec une branche d'arbre . Hélas , les efforts sont vains , et il faut attendre le retour de la propriétaire pour le récupérer . C'est presque en courant qu'il faut redescendre pour ne pas rater le train .
Que de bons moments passés là-haut , et c'est très fièrement qu'à la première occasion , nous montrions nos emplettes à notre curé Diringer .
le Curé Diringer
Anne Rigot
A suivre ............
05 juillet 2008
La salle de Caté
Elle avait deux rôles bien précis
En premier lieu , elle servait comme son nom l'indique de rendez-vous pour les cours de caté . c'était pour moi le moment le moins agréable , qui me dépassait par le mode appliqué pour l'apprentissage et la connaissance de la religion , le mot à mot qui existait à l'époque et le "par coeur" dont on ne comprenait que peu de termes , tout cela me semblait bien ennuyeux .
L'avenir m'a donné raison .
Aussi , c'était d'assez mauvaise grâce que j'apprenais mes leçons de caté et je m'attirais une certaine défiance de la part de nos éducateurs et curés .
Heureusement que nous avions eu au départ deux dames très gentilles : Ginette et Madame Decker , beaucoup plus accessibles qui nous expliquaient volontiers les mots barbares dont nous ne comprenions pas le sens .
Par contre , le dimanche après-midi , dans cette même salle , ô bonheur , nous avions souvent droit à la séance cinéma , sous la direction du curé Diringer , car c'était lui-même qui faisait fonctionner l'appareil . Si , par malheur , la séance n'était pas programmée , c'était ma soeur qu'il aimait bien , qui était chargée de la lui réclamer .
Ainsi , nous avons vu avec ravissement des films muets au départ , des films de Charly Chaplin , de Laurel et Hardy et des films westerns très anciens .
Nous rentrions à la maison avec des images plein la tête que nous tentions de raconter à nos parents et nous attendions avec impatience les dimanches suivants .
La salle de caté derrière la cure
A suivre .......
08 juillet 2008
Les âmes vaillantes
Que du bonheur !
C'était Micheline et Anne-Marie , les 2 soeurs , qui avaient instauré à Bavilliers ce mouvement , appelé " Âmes vaillantes " , pour notre plus grande joie à toutes .
Nous étions habillées toutes pareilles : jupe bleu marine , corsage blanc , petite écharpe et bêret bleus . Cet uniforme à acheter représentait pour l'époque un certain investissement financier et nos parents avaient finalement consenti à la dépense .
Nous n'avions pas de local , pas de subventions d'aucunes sortes , et nos cheftaines nous récupèraient le dimanche après-midi , après les vêpres .
Au programme , ballades dans les bois alentour , souvent dans le bois de Buc tout proche , au lieu dit "les chênes" , ou visites des sites touristiques : le trou La Dame , la vierge du Brigbraie ou la fontaine St Ambroise .
Afin de constituer un petit pécule pour passer quelques jours de vacances ensemble , nous avions eu l'idée de jouer une petite scénette dans la salle de théâtre de Bavilliers . Cela fut organisé de mains de maitre et nous avait procuré une grande joie et une certaine fierté , devant un auditoire nombreux et conquis d'avance ! (le tout précédé de jeux , de lotos , et de loteries) .
Nous avons de cette façon financé nos toutes premières vacances . Il fut décidé que ce serait à Auxelles-haut , où Philomène , aide aux prêtres du curé Diringer , possèdait une petite maison familiale vidée de ses occupants . Quelle aubaine !! .
Ainsi , aux premiers jours des vacances scolaires , départ en car depuis la gare de Belfort , avec un léger bagage et nos cahiers de chansons . Nous avons passé la-haut une huitaine de jours dans la nature , dans un confort assez moyen , mais cela comptait fort peu à nos yeux .
Le cadre était formidable , le petit village au pied des montagnes fort pittoresque , et les habitants charitables nous apportaient gentiment toutes sortes de nourriture et de fruits .
Tout ce petit monde travaillait aux repas et au ménage dans la gaieté et les chants et des bavardages incessants qui se terminaient fort tard dans la nuit .
Le village et les alentours furent visités en large et en travers , le tout en chantant les chants entrainants que nos monitrices nous avaient appris .
C'était avec un grand regret que nous avions quitté ce lieu charmant pour retrouver nos foyers , jurant que nous reviendrions les années suivantes . Hélas , ce ne fut pas possible , peut-être par manque de moyens ou toutes sortes d'autres raisons .
Autour de la fontaine St Ambroise
A suivre ....
La chapelle du voeu à Essert
Avec Jacques et Florence
Nous avions appris par nos parents qu'une petite chapelle se trouvait à une distance assez raisonnable pour y aller à pied , dans le petit village voisin d'Essert .
Nous leur avions demandé de nous y amener pour reconnaître le chemin , ce qu'ils avaient fait volontiers .
Mais ce que nous désirions , c'était d'y aller seuls , ma soeur , Jacques , et moi , flairant que nous pourrions passer là-bas des moments intéressants .
Nous partions par les chemins de traverse , dans les champs , avec un petit casse-croûte dans nos sacs . Le chemin était à lui seul un constant amusement , folâtrant dans les hautes herbes pour y cueillir des fleurs et chaparder quelques fruits au passage , des cerises sauvages ou selon les saisons des mûres succulentes ou des noisettes qui faisaient nos délices .
A quelques foulées de la chapelle , nous étions assez souvent alertés par des "Avé Maria" sonores et des prières en sourdine . C'était Florence , une jeune fille un peu bizarre , qui nous regardait arriver comme si nous étions des martiens . Elle nous demandait qui nous étions à chaque fois , nos noms , mais nous réalisions qu'elle n'en retenait pas le moindre mot .
Jacques partait d'un fou rire irrésistible , ce qui attirait les foudres de Florence . Nous calmions sa colère en disant qu'il était un peu simplet et tout rentrait dans l'ordre .
Il y avait devant la chapelle un chêne superbe , nous faisions provisions de glands , disant que c'était pour préparer notre café , et nous rentrions très contents à la maison , après avoir dévoré notre casse-croûte , et en racontant à nos parents nos échanges avec Florence .
Que de bons moments passés à la chapelle , nous y sommes retournés un bon nombre de fois .
La chapelle du voeu à Essert
A suivre ....
12 juillet 2008
La maraude
Solange , les macros et le sabot !
Un soir de vacances , nous voyons Pierrette et moi , arriver Solange toute excitée qui revenait de chercher des cucus pour les lapins . Elle nous annonce qu'elle était montée sur la route de Buc et avait par curiosité été voir ce qui se passait dans la dernière maison cachée dans les bois .
Sous ses yeux ébahis , elle aperçoit une rangée de macros , bien mûrs à point , superbes , très rouges , presque violets , très gros ... avec un goût !!
Avec de telles explications alléchantes , Pierrette et moi la suivons presque en courant jusqu'à la fameuse maison . Solange n'avait pas exagéré !! et en plus , personne en vue et cachées par le bois , l'idéal !!
Nous nous gavons généreusement , nous préparant à en ramener un maximum dans nos tabliers , quand un hurlement se fait entendre à l'arrière de la maison . C'est probablement le propriétaire qui n'apprécie pas notre intrusion dans son jardin .
Nous détalons à toute vitesse , et filons à toute allure vers le haut du bois dans une ancienne carrière pour nous y cacher , lorsque j'entends derrière moi Solange qui crie " mon sabot ! " . elle a en effet perdu un sabot dans la course et suit en claudicant sur un pied . Notre poursuivant s'empare du sabot et lance des menaces . Nous restons bien cachées dans les hautes herbes , et c'est au bout d'un long moment que nous nous décidons à rentrer .
Cette pauvre Solange a dû avoir un accueil plutôt réservé à la maison , car une paire de sabots coûtait à l'époque quelques sous . Nous ne sommes jamais retournées dans ce fameux jardin , notre aventure nous restant par trop en mémoire .
Solange 2ème rang première à gauche en partant du bas , moi 3ème à gauche , Pierrette même rang 2ème à droite .















